Viens, un nouveau jour s’est finalement levé alors que 52 % des Québécois ont répondu « oui » pour un nouveau pays. Un nouveau jour, une pièce de Jean-Philippe Baril Guérard publiée au format texte aux Éditions de Ta Mère, nous fait rentrer au beau milieu d’un brief alors qu’un documentariste de gauche, une animatrice grand public, une Franco-Ontarienne et un Québécois anglophone ont le mandat d’organiser un spectacle inaugural du nouveau pays.
Hockey poutine Céline
Être québécois, c’est quoi exactement? Maintenant que le Québec est un pays, il se passe quoi après? C’est le mandat qu’on reçu Félix, Élyse, Lisa et Rafael pour marquer le nouveau pays du Québec avec un spectacle inaugurale. Ça fait un bon deux semaines qu’ils sont en breifing, la rencontre avec le ministère de la culture est le lendemain, et ils se demandent toujours à quoi va ressembler ce spectacle.
Élyse
Céline aime pas la chicane
Céline elle a jamais dit si elle était souverainiste ou pas
Si on la met sur scène
C’est automatiquement rassembleur
Les souverainistes vont penser qu’elle est venue célébrer l’indépendance
Pis les fédéralistes vont penser qu’elle est leur cordon ombilical qui les relie au Canada
Pis que malgré tout ce qui peut arriver
Une nation
Ça ne change pas
Ça fait juste mettre les costumes des autres sur soi
Satire humour réflexion
Encore une fois, je suis triste d’avoir manqué cette pièce de théâtre qui, selon moi, devait être incroyable à voir sur scène. J’aime beaucoup la façon dont Jean-Philippe Baril Guérard utilise les mots et la satire pour nous faire réfléchir sur des sujets controversés. Ce que j’aime aussi, c’est que, que tu sois souverainiste, fédéraliste ou que la question de l’indépendance ne t’importe guère, tu peux aimer cette pièce. C’est une œuvre qui, au-delà de sa thématique, nous fait réfléchir sur nous, le peuple québécois, sur une trame de référents culturels populaires.
Il faut lire Un nouveau jour pour sa réflexion sur la question identitaire, enveloppée d’une belle couche d’absurdité, mais toujours teintée d’un soupçon de vérité, ainsi que pour l’intelligence du dramaturge.
Découvrez également ma critique de Haute démolition, un roman du même auteur.